Oslo – Parc Vigeland, cycle de la vie et onirisme

A l’ouest de la ville, Oslo vous réserve une surprise loin des images de carte postale : le parc Vigeland abrite une exposition permanente de sculptures symbolisant le cycle de la vie. Fortement marqué par les Portes de l’Enfer de Rodin lors de son séjour à Paris en 1893, Gustav Vigeland a développé le thème de la mort dans plusieurs de ses œuvres, ainsi que celui des rapports entre l’homme et la femme.

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Le long d’un pont de 100m sont alignées plus de 50 sculptures en bronze représentant des enfants, des femmes et des hommes aux différents âges de la vie. Les rapports entre les adultes et les enfants, les femmes et les hommes, constituent le thème de l’œuvre. L’agencement du parc ainsi que les sculptures en grandeur nature contribuent à un extraordinaire effet de mise en scène. Je pénètre sans trop savoir à quoi m’attendre et papillonne de sculptures de bébés en représentations de jeunes enfants tout en m’émerveillant de leur expressivité. Je rigole comme tous les autres touristes devant l’enfant en colère, devenu si célèbre qu’il en presque aujourd’hui un symbole de la capitale norvégienne. Je m’émeus devant les couples enlacés. Chaque sculpture renvoie à une période de la vie, où chacun peut se reconnaître où y voir un de ses proches.

Au bout du pont s’amorce l’ascension des marches qui mènent à un monolithe de 17 mètres de haut. Plus de 100 personnages nus et entrecroisés ont été sculptés dans ce seul bloc de granit. Une fois en haut des marches je remarque qu’un changement s’est opéré en moi : loin de l’émerveillement, c’est plutôt une impression dérangeante qui me saisi. Tout autour, des sculptures de corps enlacés, mais parfois aussi entassés dont je ne sais s’ils sont sensés être représentés vivants ou morts. Ces représentations humaines ou animales  évoquent un monde onirique où douleurs, fantaisies et espoirs se côtoient. Ici, s’expriment les sentiments et les pulsions humaines dans tout ce qu’elles peuvent avoir de plus crues. Cela ne me laisse pas indifférente, c’est très impressionnant.

Au pied du monolithe, je profite d’une courte pause pour reprendre mes esprits et apprécier la vue sur Oslo avant de reprendre mon chemin dans le parc.

Je recommande à tous les amateurs d’histoire de l’art et d’insolite ce détour culturel incontournable !

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La crise de la vingtaine : mon témoignage

Je me souviens de mon temps… Mes cousines sont plus jeunes de 9 ans et je me souviens de mon temps, leur facebook, c’était mon msn, leur blackberry c’était mon 3310 et je jouais au snake dessus. Et oui, à 26 ans, on peut prononcer des phrases qui commencent par « je me souviens, de mon temps… » ! Le problème, c’est que dans la vingtaine, les gens autour de toi se moquent gentiment en te faisant remarquer que tu parles comme une mamie et que tu as encore toute la vie devant toi car tu es jeune. Pourtant, littératures, conférences et vidéos sur la crise de la vingtaine abondent…

« J’ai passé la première moitié de ma vie active à l’école et tout le reste est encore à construire. » C’est cette prise de conscience qui déclenche la crise de la vingtaine Pourtant, on l’attendait avec impatience la fin des études ! Mais là on réalise que la deuxième moitié de notre vie active on va la passer à travailler (enfin si on trouve du travail), à chercher un partenaire et à épargner (si on peut). Dans « pourquoi la trentaine n’est pas la nouvelle vingtaine », Meg Jay, psychologue clinicienne américaine, s’attarde sur l’importance de cette décennie de la vingtaine qui selon elle n’est pas à négliger. On peut résumer son message ainsi: faire maintenant ce dont on a envie parce que se dire qu’on est jeune et qu’on aura le temps de le faire plus tard c’est juste de la pro-cras-ti-na-tion. Elle cite l’exemple d’une de ses patientes qui enchaînait les relations pourries en se disant que pour l’instant elle ne faisait que passer le temps mais qu’elle aurait bien tout le reste de sa vie pour trouver un mari. Selon le « Bomeur » (contraction de bobo et de chômeur), la crise de la vingtaine peut même déborder sur la trentaine. « Agé de 25 à 35 ans, le Bomeur fait partie de cette génération qui a entendu ses parents lui répéter à longueur de journée  « sois prudent ». », s’est retenu de faire ce qu’il voulait vraiment professionnellement et se retrouve malgré tout (ou peut-être à cause de ce fameux « sois prudent ») à pointer à Pôle Emploi. En parlant du Pôle, lisez aussi l’article sur la radiation. Je confirme que se faire virer d’un truc quand on ne travaille pas ni ne touche d’aides financières, c’est très abstrait.

Pourquoi le Pôle ne veut-il pas se charger de l’accompagnement des jeunes diplômés sous prétexte qu’ils se sont pas encore dans une situation d’insertion difficile. «Je ne vous inscris pas dans ce dispositif car il est réservé aux gens qui sont vraiment en difficulté. » Qu’est-ce que cela veut dire vraiment en difficultés ? Au bout d’un an de recherche d’emploi infructueuse, commence-t-on à être dans une situation d’insertion difficile ? Combien de CDD, entrecoupés par des périodes de chômage faut-il attendre d’avoir enchaîné pour aspirer à un petit coup de pouce ? Pourquoi faut-il être vraiment dans la merde pour recevoir de l’aide ?  Pourquoi attendre que les jeunes, devenus moins jeunes, désabusés et épuisés par leurs recherches, acceptent un boulo alimentaire poussés par la nécessité pour leur proposer de l’aide ? J’ai beau chercher la logique dans le système, ça m’échappe. Vit-on aujourd’hui dans une société qui est devenue incapable de se projeter dans l’avenir ? Qu’y a-t-il d’absurde à miser sur la jeunesse?

Des jeunes diplômés, sortis tout frais de leurs universités avec un regard neuf débarquent chaque année en masse sur le marché du travail avec une seule envie: travailler ! Nous voulons nous retrousser les manches, apprendre, progresser. Nous sommes la génération des média sociaux, nous croyons au partage de l’information et en la richesse de l’échange. Conscients de vivre dans une société en constantes mutations, nous savons que nous allons être amenés à apprendre à apprendre tout au long de notre vie professionnelle. Et nous le percevons comme une chance ! Miser sur l’éducation et l’avenir, considérer sa jeunesse comme porteuse d’espoir est à mon avis le plus grand bien qu’il puisse arriver à une société. Et j’espère que nous vivons dans un monde où l’on croit encore que c’est positif de se faire du bien…

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Colocation ou Zweck-WG

Des années de colocations différentes et toutes très positives m’avaient encouragé à renouveler l’expérience d’année en année jusqu’à ce que je vive dans un Zweck-WG… J’ai découvert alors un autre visage de la cohabitation. En effet, en huit ans, j’ai testé:

La colocation chez l’habitant, dans une grande maison dont un étage a été aménagée pour accueillir trois étudiants. Cuisine commune, horaires convenus pour la préparation des repas, on s’y croise, on y échange avec les propriétaires. Entre étudiants, on est devenu amis en quelques semaines et en cours on est inséparables.

L’appartement cocon familial, où les colocataires s’apprécient, se serrent les coudes au quotidien et sont contents de sortir ensemble en soirée ou de traîner ensemble devant la télévision, avec ces colocataires on reste en contact des années après avoir quitté la coloc.

Puis, le Zweck-WG, comprenez la colocation utilitaire ou de nécessité: quand on parcourt les offres de colocation sur les sites allemands, il n’est pas rare de voir apparaître l’expression « Zweck-WG » qui signifie (en gros) que plus vous serez discret et moins vous parlerez à vos collocs, plus vous avez de chances d’être appréciés. Idéal pour les associables ou ceux qui ne sont jamais à la maison. Pour la convivialité, par contre, on repassera… Le Zweck-WG peut revêtir différentes formes:

La nécessité courte: ma colocataire m’a expliqué la bouche en cœur 400€ le mois = un nouveau frigo, ça motive quand même pour accueillir des colocataires!

La nécessité longue: l’appartement est trop cher pour moi, du coup je loue deux chambres sur les trois depuis des années.

La nécessité capricieuse: on voulait de l’espace mais un deux pièces à assumer toute seule, ça fait quand même un peu cher.

Dans ces petits paradis de la convivialité les pièces communes sont la cuisine et la salle de bain. Communes, oui, en effet car leur usage est commun à tous les usagers de la colocation mais n’allez pas croire que vous allez y sociabiliser avec vos colocataires. Bon dans la salle de bain, ça serait peut-être un peu bizarre mais dans la cuisine, ça pourrait s’imaginer… Et ben non! On y prépare SON repas qu’on retourne manger dans SAVchambre devant SON ordinateur. La majorité des appartements allemands que j’ai visités n’ont tout simplement pas été conçu autour d’une pièce commune. Un salon? Pourquoi faire, ça consomme de la place sur le plan…!

Ceci dit, suite à une visite récente sur un site allemand d’offres de colocations très fréquenté, je me suis dit que ça aurait pu être pire. On y trouve vraiment de tout: le coloc végétarien qui ne veut cohabiter qu’avec des végétariens, le chrétien qui cherche un chrétien, le fan de heavy metal qui cherche quelqu’un avec qui partager son amour de la musique, les fana de chat qui exigent que le nouvel emménageant laisse la porte de sa chambre ouverte pour que les chats puissent vagabonder à leur guise dans l’appartement (« ne pas s’étonner s’ils sautent sur la table de la cuisine, ils ne sont pas très bien élevés »), celui qui veut absolument t’ajouter sur facebook et voir ta photo avant de t’inviter à visiter son appartement, celui qui exige une caution avant la visite et enfin le meilleur: celui qui a mauvaise conscience de demander « tant d’argent » pour le loyer mais qui te fait comprendre que comme tu es une fille, on pourrait peut-être s’arranger autrement, brrr! Pour le coup, les gars, à l’avenir, préciser chambre contre échange de services, ça nous évitera à tous de perdre notre temps.

Intéressant et malheureusement si peu surprenant de constater comment les sites communautaires d’entraide voient leur fonction initiale évoluer malgré eux vers une fonction moins solidaire. Je commence à saturer de cette comédie… Alors, si vous connaissez des gens sociables, sur Hambourg qui cherchent une colocataire sympa, faites passer le message: je suis intéressée!

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Lübeck, ville bijou de la Baltique

Lübeck se trouve à une heure de route de Hambourg. Avec un Länder Ticket (30€ environ pour un groupe de 5 personnes sur bahn.de), il est très économique de découvrir cette jolie ville aux environs de Hambourg.

Lübeck

Tourisme

L’Innenstadt, le centre touristique de Lübeck est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Situé sur l’île de la vieille ville, ce quartier moyenâgeux abrite des maisons en briques rouges, d’étroits passages et des cours intérieures pleines de charme. Le quartier est délimité par une ceinture de fortification et les anciennes portes de la ville sont toujours visibles. 

Bon plan pour le déjeuner

Une petite faim? Je vous recommande la Kartoffenkeller (la cave aux patates), excellent restaurant où la pomme de terre y est déclinée sous toutes ses formes (gratins, poêlées, salades…). Prenez garde à ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre mais allez-y sans crainte, vous allez vous régalez!

Travemünde, station balnéaire aux environs de Lübeck

La visite de Lübeck ne serait pas complète sans une excursion sur les bords de la Baltique. Après le déjeuner, rendez-vous à la mer! A 20 minutes en train, se trouve Travemünde. Annexée à Lübeck au 16e siècle. Cette station balnéaire séduit pour sa large plage de sable et est également connue pour le grand port de croisière de Skandinavienkai. Il s’agit d’un des plus grands ports européens de ferries vers la Scandinavie et la Baltique.

Un peu d’histoire

Autrefois capitale de la Ligue Hanséatique, Lübeck est surnommée « la reine de la Hanse ». En 1161 ses commerçants devinrent égaux en droits avec les commerçants goths pour le commerce sur la mer Baltique. La ville devint alors la deuxième ville d’Allemagne après Cologne. A l’époque de la Hanse, en étroite coopération avec Hambourg, Lübeck dominait la majorité du commerce sur la Baltique entre la Scandinavie et le reste de l’Europe. Afin de combattre la piraterie la ville entretint aussi une importante marine de guerre.

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Pourquoi l’Allemagne?

Il y a des lieux auxquels notre histoire personnelle est étroitement liée, pour moi l’Allemagne en est un. En revanche d’autres destinations, comme l’Espagne, où je n’avais jamais mis les pieds avant mes 20 ans ne m’évoquait qu’exotisme et aventure. L’appréhension du voyage est alors différente. Dans un premier cas ce qui nous attire c’est le connu alors que dans la deuxième situation c’est justement l’inconnu qui fait tout le charme. 

Pourquoi l’Allemagne? En France, cette interrogation traduit une incrédulité causée par un traumatisme linguistique datant des cours de langue vivante du collège. « Mais tu parles allemand? Moi, malgré huit ans de cours, je ne sais même pas dire comment je m’appelle! » Il existe aussi une version allemande outre Rhin, je ne compte plus les fois où j’ai entendu « Ah oui tu es française…? J’ai fait du français pendant trois ans au Gymnasium mais j’ai tout oublié! » Il y a aussi la méconnaissance qui s’exprime: « Hambourg? Il y a quoi à Hambourg? Je suis sûr que ça ne vaut pas Londres ! » Valoir… D’un point de vue strictement touristique il serait effectivement possible de se livrer à une analyse SWOT comparative des destinations mais ce n’est pas l’objet de cet article. Je pense que les expériences que nous associons aux lieux où nous vivons relèvent plus d’éléments personnels que d’avantages compétitifs objectifs. Venez et je vous montrerai!

En Allemagne, l’incrédulité s’exprime aussi parfois. Une Allemande mariée à un Allemand, mère de deux enfants m’a récemment dit: « Tu as échangé Paris contre Hambourg?! Je ne comprends pas qu’on puisse faire ça! Les Allemands sont tellement fatigants! » Étonnée par cette autocritique et ayant du mal à concevoir qu’on puisse dénigrer ses compatriotes de la sorte, je m’en suis entretenue avec un Ukrainien qui abondant dans son sens m’a répondu: « L’Allemagne est un pays génial, le seul problème ce sont les Allemands. » Et le problème de la France, c’est les Français? En Espagne, ce serait mieux sans les Espagnols sans doute? Non mais sérieusement?! D’autres sont heureusement plus prudents et modérés dans leurs réactions lorsque nous faisons connaissance. Après m’avoir demandé ce que je faisais ici une amie d’une amie m’a timidement posé la question « Und? » (« Et? »). Quand je lui ai répondu que je trouvais leur ville extraordinaire et que je me plaisais beaucoup ici, un léger soupir de soulagement a parcouru l’assistance qui s’était arrêté de manger le temps que je m’exprime. Etonnant…

Quand j’étais plus jeune, j’allais souvent rendre visite à mes cousins qui habitaient en Allemagne. Chez eux, il y avait toujours du soda à table alors que chez moi cette boisson était réservée aux grandes occasions telles que les anniversaires. Alors pour moi, dans mon esprit d’enfant, aller en Allemagne, c’était trop cool, ça voulait probablement dire fêter des anniversaires tous les jours puisqu’il y aurait du soda à table. Avec les années, l’image d’un pays « cool » et accueillant s’est précisée dans ma tête. A 16 ans, j’ai participé au jumelage de ma ville et j’ai été accueillie à bras ouverts pendant une semaine par une famille allemande a-do-ra-ble à Kempen en Rhénanie du Nord. Je suis encore aujourd’hui en contact avec ma correspondante de l’époque qui fait aujourd’hui des études de français. Je me souviens encore que dans le trajet du retour, une copine m’avait confié: ce voyage c’était vraiment bien, ça m’a fait aimer l’Allemagne!

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