Profiter du confinement pour choisir une banque éthique

Rester à la maison. Pour. Sauver. Des. Vies.

Il n’a jamais été aussi simple d’entreprendre une action héroïque. Du coup, je me suis demandée ce que l’on pouvait faire depuis son canapé avec une connexion wifi. Et alors, je me suis dit qu’il était simplissime de consulter des sites en ligne et de remplir des formulaires pour, par exemple, changer de banque. Je vous explique ma réflexion qui se résume ainsi : être conscient du problème et en parler, c’est bien. Agir (même depuis son canapé) c’est encore mieux.

Il y a 10 ans, une très bonne amie a contribué à la mise en place d’une campagne intitulée « Move your money » au Royaume-Uni. Encore étudiante à l’époque, je ne m’étais intéressée que de loin à sa campagne car elle m’avait expliqué que ce n’était pas vraiment l’argent de poche des étudiants qu’il fallait bouger mais que leur campagne visait surtout l’épargne des citoyens les plus aisés. Le principe est simple : confier son épargne à une banque éthique plutôt qu’à une banque qui soutient financièrement des industries peu vertueuses comme l’industrie de l’armement ou les énergies fossiles.

10 ans plus tard, j’ai lu (entre autres) « Ça commence par moi » de Julien Vidal où l’auteur explique le lien entre changer de banque et l’éco-citoyenneté : « Choisir sa banque est un des leviers les plus importants si on veut vraiment s’impliquer dans la construction d’un monde meilleur. Il s’agit de bien prendre le temps d’analyser tous les éléments avant de décider de placer son argent dans un coffre-fort plutôt qu’un autre.» Il remarque qu’il est essentiel de se poser les questions suivantes avant de changer de banque:

-La finalité de mon argent est-elle de se multiplier ?

-Quel est l’impact de nos sous sur la société ?

-Quel effet a mon argent sur l’économie ?

-Comment mon épargne impacte-t-elle l’environnement ?

En tant que citoyens, nous avons tous entendus parler du too big to fail et il est tentant de céder à l’inertie en se disant que le système bancaire est trop gros pour le faire bouger. Et pourtant, les banques existent grâce à l’épargne des citoyens. Si nous retirions tous nos petites économies des banques en même temps, il y aurait un gros problème. Et c’est bien la preuve que les citoyens ont un rôle essentiel à jouer pour faire pencher la finance vers des valeurs éthiques.

Le site Fair Finance France (une initiative portée par Oxfam France et Les Amis de la Terre France), membre de Fair Finance Guide International vous permet de découvrir la face cachée de votre banque concernant sa politique de financement et d’investissement. Le site prend en compte 10 thèmes et secteurs d’activités : climat, droits humains, droit du travail, environnement, bonus et rémunération, fiscalité, transparence et redevabilité, armes. Les citoyens ont également la possibilité d’interpeler leur banque via ce site en cliquant sur un bouton vert pour « je suis satisfait de ma banque » ou un bouton rouge pour « je suis mécontent de ma banque ». Au moment où j’écris cet article, le comparateur ne semble pas fonctionner mais je vous renvoie au tableau comparatif tiré de Fair Finance France que Julien Vidal a publié à la page 166 de son livre.

Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez également consulter le rapport d’Oxfam France « Comment les banques françaises financent les énergies fossiles ». Ce rapport explique que sur 10 euros investis par les banques françaises, 7 vont à des énergies climaticides, 2 aux énergies renouvelable et 1 euro va aux énergies nucléaire et hydraulique. Sur leur podium des banques françaises qui consacrent le plus de fonds aux énergies fossiles sur la période 2016-2017, PNB Paribas arrive en tête, suivi de près par le Crédit Agricole et la Société Générale.

Il ressort de cette analyse que les banques françaises les plus vertueuses sont le Crédit Coopératif et la Nef. Malheureusement la Nef ne propose pas de compte courant aux particuliers. En revanche, il est possible d’épargner sur un livret Nef ou d’investir dans des parts sociales de la coopérative. La Nef s’engage à publier chaque année, et depuis 1988 l’ensemble des prêts qu’elle octroie. Sur son site, il est possible consulter la cartographie des projets financés par la banque depuis 2013. Une réponse simple à la question simple « où va mon argent ? »

Enfin, je vous invite à calculer votre empreinte carbone avec un des nombreux calculateurs disponibles en ligne. Assurez-vous de la pertinence des critères pris en compte par le calculateur. Je n’avais pas attendu de calculer mon empreinte carbone pour changer de banque mais lorsque je me suis enfin décidée à la calculer (sur un calculateur allemand), j’ai été très surprise de constater combien le critère « Montant économisé dans une banque éthique » avait un impact sur la diminution de mon empreinte carbone. Bon, dans le fond, dans un monde régi par l’argent, cela me semble assez logique de me dire que c’est en investissant massivement dans des projets éthiques que l’on va accélérer la transition écologique mais c’est encore mieux de voir mon intuition confirmée et validée par des sources scientifiques. Si vous avez envie d’en savoir encore plus, vous pouvez lire ce très bon article du déconsommateur.

Merci de m’avoir lue jusqu’ici ;-) Et n’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.

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Quatre jours en Algarve

Lagos

Depuis Lisbonne, il faut compter environ quatre heures de train (avec un changement à Tunes) pour rejoindre la ville de Lagos, située sur la côte sud, en Algarve. Lagos, dont le nom siginifie « Les Lacs » existait déjà il y a plus de 2000 ans. Lorsqu’elle fut colonisée par les Romains, la ville dépendit de la province romaine de Lusitanie. Au 7e siècle, les Maures conquirent la région qu’il baptisèrent al-Gharb, ce qui signifie à l’ouest en arabe et a donné le nom actuel d’Algarve à la région. En 1249, le roi Alphonse III de Portugal reconquit l’Algarve. Au 15e siècle, Henri le Navigateur vécut à Lagos où il planifia les campagnes contre le Maroc et les côtes orientales de l’Afrique. C’est aussi à Lagos que les premiers esclaves africains furent ramenés en Europe comme le rappelle un espace un espace muséologique situé sur la place où ont été vendus les esclaves d’Afrique dès 1444.

Ponta da Piedade (la Pointe de la Pitié)

Le cap de Ponta da Piedade, au sud de Lagos, est une succession de falaises érodées où des arches, des grottes et des cavernes sculptées par la mer se laisse photographier pour le plus grand plaisir du visiteur émerveillé. Il est possible de profiter d’un tour en bateau pour visiter les grottes. A pied, depuis le centre de Lagos, nous avons mis quatre heures pour faire l’aller-retour en prenant le temps de faire des photos et en descendant régulièrement sur les plages situées sur notre chemin. C’est magnifique !

Cabo de São Vicente (Cap Saint-Vincent) et la Côte Vincentine

Le phare sur la photo ci-dessus domine une falaise de 80 mètres à la pointe sud-ouest de l’Europe. Il y a ici un petit air de fin du monde, la région est d’ailleurs surnommée « Finistère ». Pour nous y rendre depuis Lagos, nous avons pris le bus jusqu’à Sagres (environ 40 kilomètres, il faut compter une heure de trajet). À Sagres, nous sommes descendus à l’arrêt en face de l’office de tourisme pour prendre un autre bus avec pour terminus le cap (6 kilomètres, l’affaire de quelques minutes). Une fois au cap, nous avons choisi de retourner à Sagres à pied, en longeant la côte Atlantique pendant un moment. Nous avons suivi les balises bleues et vertes qui tracent le trilho dos pescadores (sentier des pêcheurs), ce chemin longe la côte de l’Alentejo sur 115 km. Le sentier côtier est toujours à proximité de la mer et suit les chemins empruntés par les locaux pour accéder aux plages et aux lieux de pêche. Prévoyez de bonnes chaussures car le chemin est sablonneux et caillouteux. Très stimulant pour la voûte plantaire ! Le vent vous fouette le visage et vos yeux sont comblés par le spectacle incessant que la nature vous offre. Depuis le Cap Saint-Vincent, un autre sentier de randonnée, la Rota Vicentina (route vincentine), permet de se rendre à Santiago do Cacem (un point de départ vers Saint Jacques de Compostelle. La Rota Vicentina est balisée sur 230 kilomètres et traverse le Parc naturel régional du sud-ouest Alentejo et Côte Vicentine.

Faro

Comme nous avions prévus de repartir d’Algarve depuis l’aéroport de Faro, nous en avons profité pour partir à la découverte de cette belle ville historique. Dans la vielle ville, encerclée par une ancienne muraille, vous pourrez admirer une cathédrale gothique, un palais épiscopal et des ruelles pavées. L’office de tourisme qui propose trois fois par jour un récital de guitare portugaise se situe aussi dans ce centre historique. Je vous recommande ce récital d’une durée de 30 minutes au cours desquelles, un musicien vous explique non sans humour la différence entre le fado classique (plutôt populaire) et le fado de Coimbra (plus élitiste), vous présente les grands noms du fado, les techniques de fabrication d’une guitarre portugaise, etc. Un conseil, rendez y vous un peu en avance pour avoir le temps de visiter le bâtiment. La vue depuis la terrasse sur le toit, ainsi que les nids de cigogne méritent le détour.

Au sud de Faro, le Parque Natural da Ria Formosa abrite des oiseaux migrateurs dans une succession de lagunes d’eau salée. Le paysage de la lagune varie selon la marée et le vent et les cigognes s’y sentent bien. Nous avons eu la chance de faire un petit tour à travers les canaux du parc naturel en bateau électrique à l’heure du coucher du soleil. Avec ses quatre panneaux solaires, le bateau avait un rythme de croisière très calme et son absence de bruit n’effrayant pas les oiseaux, il nous était relativement facile de les observer. Notre guide avait à bord les photos de tous les oiseaux vivant dans le parc avec leur nom en cinq langues. Impressionnant !

Silves

Depuis Lagos, il y a des trains directs pour Silves. Cette ville historique était autrefois la capitale de l’Algarve. Le fleuve l’Arade qui coule à Silves a été utilisé du 9e au 12e siècle par des navires pour naviguer jusqu’en Afrique du Nord. D’ailleurs, le pont romain qui enjambe le fleuve est classé monument d’intérêt public depuis 2011. Le château de Silves est une forteresse Maure construite entre le 8e et le 10e siècle et restauré en 1835. Il est possible de parcourir le chemin de ronde dans son intégralité et de profiter d’une vue panoramique extraordinaire sur la nature alentour. La grande citerne de la forteresse est toujours utilisée par la ville.

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Le monastère de Lluc à Majorque

Ce ne sont pas les clichés qui manquent quand on pense à Majorque, l’île des Baléares la plus appréciée des Allemands : le soleil, la plage, les hôtels… Depuis que je vis en Allemagne, je ne compte plus les gens qui me parlent de cette île avec des étoiles dans les yeux. Quand on sait que 70 % du PIB de l’île provient du tourisme et que 7 % des résidents permanents de l’île sont des Allemands, ce n’est pas forcément étonnant. On surnomme d’ailleurs Majorque le 17e Land en référence aux 16 Länder de l’Allemagne fédérale.

Bref, quand une amie péruvienne, rencontrée à Madrid, s’est installée avec son copain espagnol à Palma pour deux années, j’ai sauté sur l’opportunité de pouvoir lui rendre visite ailleurs qu’à Madrid. J’allais enfin pouvoir découvrir cette île dont j’avais tant entendu parler. En faisant quelques recherches sur internet, j’ai rapidement compris que les touristes se concentrent sur les côtes (Palma, Alcúdia et Pollenca), que les villages de l’arrière-pays sont plus préservés du tourisme de masse et que les randonneurs se rendent dans la Serra de Tramuntana.

Comme j’avais envie de randonner, je me suis mise en quête d’un point de chute au vert et c’est ainsi que j’ai séjourné quelques jours dans le monastère de Lluc. Son nom vient du latin « lucus » qui signifie bois sacré où résident des dieux sauvages. Ceci laisse penser que le monastère actuel se trouve à la place d’un ancien sanctuaire païen. Aujourd’hui, le monastère est bien entendu un lieu de pèlerinage mais il propose également des hébergements aux randonneurs ou aux touristes avides de calme. Fondé au 13e siècle, c’est le centre spirituel de l’île de Majorque et le plus grand et le plus connu des monastères des Baléares. Le bâtiment abrite la basilique, l’hôtellerie, un restaurant, une petite épicerie, une boutique de souvenirs. À proximité on trouve aussi un deuxième restaurant et un café. En cinq minutes de marche à pied, on accède à une petite piscine où les clients du monastère peuvent se rafraîchir gratuitement après une randonnée. L’accès à la piscine est situé à côté de l’entrée du jardin botanique.

La Serra Tramuntana occupe tout l’Ouest de l’île et est traversée par le GR 221 qui permet de découvrir Valdémossa, Deia, Soller, Fornalutx, Lac de Cuber, Lluc et Pollenca. Comme mon objectif n’était pas de faire une randonnée itinérante, je ne fais que signaler ce GR. J’ai profité de ma base à Lluc pour rayonner autour du monastère dont partent plusieurs chemins de randonnée. Il est possible de faire de bonnes grimpettes presque au-dessus des nuages. On peut aussi s’enfoncer dans les bois, voire même dans des grottes. Il faut dire que le cadre est idyllique. Voyez un peu !

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Voyager végane

En ce début d’année, je suis heureuse de vous présenter la création d’une nouvelle rubrique sur mon blog : « Voyager végane ». En attendant, les prochains articles, je vous pose un peu le contexte.

Arvore do mundo, Porto

« Si les méduses étaient comestibles, sachant qu’elles n’ont pas de système nerveux et que par conséquent elles ne peuvent pas ressentir la souffrance, en mangerais-tu ? » C’est la question que m’a posé mon cousin lors du repas de Noël en s’empressant d’ajouter « Je ne cherche pas à te piéger, c’est juste pour savoir. » Prise un peu au dépourvu, j’ai bredouillé, pas très convaincue, en pensant à l’absence de souffrance animale que « Oui, probablement ». Mon cousin a approuvé en attaquant la cuisse droite d’une volaille pendant que mon frère me certifiait que l’animal dans le plat avait eu une vie heureuse. Rien de tel qu’un Noël français pour réaffirmer le véganisme d’une Française expatriée en Allemagne…

En me concentrant sur mes dés de tofu arrosés de sauce aux morilles, je réfléchissais : au-delà de l’empathie pour les animaux qui m’a convaincue d’adopter le régime végétalien il y a quatre ans, ce sont davantage des convictions environnementales qui m’ont incitée à sauter le pas. En vérité, même si je n’y avais jamais vraiment consacré beaucoup de temps de mon cerveau j’ai toujours fait le lien entre les animaux de la ferme et ce qui se retrouve dans mon assiette. Alors que, pour ce qui relevait de l’impact environnemental de mon alimentation, j’étais complètement ignorante. Si je choisis d’en parler aujourd’hui, c’est parce que je pense que notre nature humaine nous incite davantage à mettre en place des changements dans nos vies quand nous nous sentons directement concernés. Et qui ne se sent pas concerné par le changement climatique et l’avenir de la planète ?

Pourtant, je n’ai pas été facile à convaincre. Quand mon copain a commencé à remplir son frigo (puis le mien) de produits exclusivement végétaux, je me suis un peu moquée de lui car je ne comprenais pas d’où lui était venu ce nouvel engouement pour le véganisme. On avait bien regardé « cowspiracy » ensemble un dimanche après-midi mais quand, à la fin du film, je lui avais demandé s’il comptait arrêter de consommer de la viande, il avait haussé les épaules et on en était resté là. Et puis voilà, que quelques mois plus tard, il avait adopté un régime végétalien sans crier gare. En me disant que cela lui passerait peut-être avant que cela ne me prenne, j’ai patienté quelques mois en mangeant du jambon dans mon coin. Et puis très vite, les sorties au restaurant sont devenues moins amusantes. Il lui fallait plusieurs minutes pour passer commande afin de s’assurer que le plat qu’il avait choisi était libre de tous produits animaux et je commençais à me sentir de moins en moins sereine lorsque je commandais des côtelettes d’agneaux.

Me rendant compte que le simple fait que mon partenaire ait modifié ses habitudes alimentaires sans juger les miennes, suffisait à me mettre mal à l’aise, j’ai décidé de m’intéresser de plus près aux arguments en faveur d’un régime végétalien. Je me suis donc plongée dans la lecture de différents ouvrages et blogs et j’ai visionné de nombreux documentaires. Renoncer aux produits animaux pour le bien de la planète et par empathie pour les animaux, pourquoi pas. Mais, et ma santé alors ? Pas question de ne pas m’informer avant : où allais-je donc trouver mes protéines, mon calcium ?!

C’est ainsi que, en lisant entre autres, Confortablement ignorant, Yes vegan !, Vivre végane (dont je recommande la lecture) j’ai appris que :

  • Les gaz à effet de serre ayant le plus d’influence sur le réchauffement climatique sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N20)
  • Entre 1750 et 2006, la concentration de CO2 a augmenté de 35 % alors que dans le même temps la concentration de méthane a augmenté de 145 %.
  • Au niveau mondial, 40 % de du méthane produit par l’homme provient de l’élevage.
  • Les forêts vierges permettent la production de 20 % de l’oxygène disponible sur la terre.
  • Or, 70 % des forêts vierges ont été coupées et brûlées pour faire place à l’élevage. Ces forêts deviennent des pâturages ou sont utilisées pour le fourrage.
  • 55 % de l’eau potable de la planète est utilisée pour la consommation du bétail.
  • 30 % des terres mondiales utilisables sont consacrées à l’élevage.
  • Il y a 50 ans, les forêts vierges représentaient 15 % de la surface de la planète. Aujourd’hui, elles en représentent seulement 2 %.
  • Notre planète est surnommée la planète bleue. Cependant, l’eau potable représente 2,5 % de la planète. Moins d’1 % de cette eau potable est accessible.
  • Un steak de 125 grammes coûte 5 m² de forêt vierge et 4500 litres d’eau.
  • En évitant de consommer 1 kg de viande, on économise plus d’eau qu’en ne se douchant pas pendant un an.

Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Cela vous dit de vous laisser interpeller par ces données chiffrées ? Le renoncement total à tous les produits d’origine animale est certes radical et je sais bien qu’il est très difficile d’avoir un comportement de consommateur éthique complètement cohérent mais on peut commencer par un petit pas dans cette direction. Un, deux ou trois repas véganes par semaine pour tester.

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Sofia Graffiti Tour

C’est devenu une habitude. À chaque fois que je découvre une nouvelle destination, je me renseigne sur la possibilité de visiter la ville en participant à un graffiti tour. En plus de mon intérêt pour le street art, qui se trouve bien entendu comblé lors de ces visites, c’est aussi une manière différente de parcourir les extérieurs d’une ville que j’apprécie. Au hasard d’un détour pour admirer une fresque murale, c’est une cour intérieure dissimulée aux yeux des passants pressés ou un nouveau quartier que je peux prendre le temps d’explorer.

Nous retrouvons notre guide au pied de la statue de Sainte Sofia et il nous emmène sur un parking pour nous montrer un des exemples les plus anciens de peintures murales : la publicité pour les fameuses sucettes Chupa Chups (ci-dessus).

Sur ce même parking, notre attention est attirée sur une grande fresque qui raconte l’histoire de la ville. J’ai choisi de zoomer sur une représentation de Sainte Sofia très personnelle (ci-dessus à gauche) et du lion bleu (à droite). Ce lion a été choisi car cet animal est le symbole de la Bulgarie. Le blason de la République de Bulgarie représente en effet un lion tirant la langue et couronné d’or. Deux lions couronnés soutenant le blason viennent compléter les armoiries du pays. Ces lions reposent sur deux rameaux de chênes à trois glands qui symbolisent les trois principales parties historiques de la Bulgarie (la Mésie, la Thrace et la Macédoine).

Notre guide tient ensuite à nous présenter deux artistes : Mouse et Mysa. Pour voir plus d’oeuvres de Mouse, c’est par ici.

Julien de Casabianca est un artiste corse dont la démarche m’a particulièrement intéressée. Il se rend dans les musées pour y faire des photos d’oeuvres d’art qu’il imprime ensuite sous forme de collages géants pour les exposer dans la ville. Son idée est de faire sortir les oeuvres des musées pour les donner à voir au plus grand nombre. La photo ci-dessus montre le portrait d’une jeune fille corse que Julien de Casabianca a pris en photo et qu’il a exposé dans une rue de Sofia. Il s’agit de la première partie du « Outing Projects » que l’artiste complète par une photographie de ses installations. Pour voir d’autres oeuvres, rendez-vous sur son site.

La fresque ci-dessus est gravée dans le mur et témoigne de la propagande de l’époque communiste. L’artiste Stoyan Iliev y fait la publicité de Bulgarplod, la compagnie chargée autrefois de l’exportation des fruits bulgares.

Le mural ci-dessus a été réalisé par 140 (one for all) ideas. Vous pouvez vous rendre sur leur page Facebook pour voir plus de photos ou sur leur compte Instagram.

À Sofia, comme dans d’autres villes, il existe un projet d’embellissement des compteurs électriques. Notre guide nous a expliqué que les compteurs photographiés ci-dessus, repésentent deux prêtres bras dessus, bras dessous pour dénoncer la hiérarchie au sein de l’église.

Pour finir, je vous propose ce visage en deux parties réalisé par Nasty. La deuxième moitié du visage est peinte sur le pan de mur dissimulé par la grille et est représentée sous la forme du cosmos. Notre guide nous signale que l’artiste est marqué par une très forte influence indienne.

J’ai participé au graffiti tour de Sofia lors d’une après-midi de mai en compagnie de quatre visiteurs. La taille du groupe nous a permis d’échanger et de profiter des explications de notre guide en toute liberté. Le tour est un free tour en anglais et les guides sont rémunérés par les pourboires des visiteurs. Pour plus d’informations, vous pouvez vous rendre sur le site du Sofia Graffiti Tour.

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