Sylt, une île allemande

Le long de la côte allemande de la Mer du Nord, se trouvent les îles frisonnes, un archipel à la nature préservée avec des paysages de carte postale. En quatre jours sur Sylt, l’île la plus au nord juste à la frontière du Danemark, j’ai pu apprécier des horizons aussi variés que poétiques.

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L’île est située dans la Mer des Wadden, une mer côtière qui s’étend sur 450 kilomètres des Pays-Bas jusqu’au Danemark inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. On remarque d’ailleurs que de grands efforts sont faits pour préserver l’île et ses dunes. Afin de ralentir l’érosion côtière, des digues de bois sont aménagés un peu partout, facilitant par ailleurs la circulation des promeneurs. Ces aménagements coûteux sont entre autre amortis grâce à la taxe de séjour. Et n’espérer pas y couper même si vous vous rendez sur l’île juste le temps d’une journée : pour accéder à la plage et aux chemins côtiers protégés, il faut montrer son ticket à un guichet. L’accès au front de mer est clôturé et des postes de contrôle des billets sont régulièrement implantés !

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Une fois sur la plage, appréciez le paysage et la poésie des Strandkörbe (littéralement, les corbeilles de plage). Ces cabines d’osier conçues pour profiter du bord de mer tout en se protégeant du vent, du soleil, de la pluie et du sable sont emblématiques des côtes allemandes. La Strandkorb est aujourd’hui distribuée dans toute l’Europe et même en Nouvelle-Zélande. Que ce soit sur la Baltique ou sur la Mer du Nord, les Allemands réservent parfois leurs places un an à l’avance. N’allez pas occuper une Strandkorb dont le numéro ne vous serait pas attribué, des contrôles sur la plage-même sont également effectués.

Séjourner à Westerland, l’agglomération la plus importante de l’île nous a permis de bénéficier d’une situation centrale et d’explorer ainsi facilement chaque recoin. Le port de Hörnum, à la pointe sud m’a conquis. C’est le point de départ des bateaux qui proposent toutes sortes de tours, du tour classique de l’archipel en une heure à l’excursion à la journée avec escales en passant par l’observation des bancs de phoques. Le tour de la pointe à pieds, permet aussi d’apprécier les dunes de sable blanc dans toute leur splendeur.

Enfin, côté gastronomie, la cuisine à base de produits locaux assure un régal des papilles. Notez que pour se rendre sur l’île, il existe une voie ferrée sur une digue. Impossible cependant de conduire sa voiture, il faut prendre l’autozug ou alors le train.

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Hamburg free tour

Speicherstadt

Le principe des tours gratuits repose sur l’idée que les guides travaillent seulement sur la base de pourboire, ce qui vous assure un tour d’une excellente qualité. Plus le tour est intéressant, plus les visiteurs se montrent généreux. Ainsi, vous êtes libre de rémunérer votre guide proportionnellement à la qualité du tour et à votre budget !

Second plus grand port d’Europe, la ville de Hambourg bénéficie d’une position stratégique qui en fait une ville d’histoire, de drames et de nuits animées. Carrefour commercial, Hambourg a toujours été ouverte à l’aventure et aux voyageurs du monde entier. Des contes de pirates à la ligue hanséatique, en passant par les attaques aériennes de la seconde guerre mondiale, sans oublier le grand incendie de 1842 qui a fortement marqué la ville, le Hamburg free tour vous fait découvrir le caractère unique de cette ville. Que vous soyez de passage ou résidant pour une plus longue période, ce tour est l’un des meilleurs moyen d’accéder à l’histoire de la ville. Au départ du Rathaus, l’itinéraire vous fait passer par St Petri et St Jacobi, Hafen City, Chilehaus, Trostbrücke, St Nikolai Church, Deichstrasse, Binnenhafen pour finir dans la Speicherstadt.

Origine du nom Hambourg : En 810, Charlemagne, occupant la région saxe de l’Elbe, fit construire une église entre la rivière Bille et Alster. Un petit fort (Burg) fut construit pour protéger cette église en bois à l’emplacement d’un village nommé Hamm. Ainsi, en 832 apparut la première mention du nom de Hammaburg.

Klaus Störtebeker, surnommé le « Corsaire rouge » est un des plus célèbres pirates allemands. Il a vécu à la fin du XIVe siècle et a sévi sur la mer Baltique et sur la mer du Nord. Le nom Störtebeker vient de l’expression « Stürz den Becher » (« déverse le gobelet ») car chaque pirate devait être capable de vider un gobelet géant de 4 litres de bière ou de vin en une seule gorgée. La légende dit que, capturé en 1401 par la flotte de Simon d’Utrecht, il aurait essayé de négocier sa vie en échange de son trésor, une chaine en or assez grande pour encercler toute la ville de Hambourg. ll fut finalement décapité mais aurait demandé au maire de Hambourg de laisser la vie sauve à autant de compagnons qu’il pourrait dépasser une fois sa tête coupée. Une fois décapité, le corps de Störtebeker aurait marché devant onze de ses compagnons avant d’être arrêté par le bourreau. Ils furent cependant tous exécutés.

La Hanse, Ligue hanséatique, Hanse germanique ou Hanse teutonique était l’association des villes marchandes de l’Europe du Nord autour de la mer du Nord et de la mer Baltique. Dans la seconde partie du XIIe et le début du XIIIe de nombreuses villes sont créées en Allemagne du Nord et autour de la Baltique où la bourgeoisie s’installe rapidement au pouvoir. Une alliance entre les villes de Hambourg et de Lübeck en 1241 amorce la création de la hanse teutonique. De nombreuses autres villes se rallient ensuite. Leur activité s’étend rapidement tout autour de la Baltique, jusqu’à Novgorod. Pendant trois siècles, cette Hanse a joué un rôle dominant au niveau commercial et politique, en Europe. Aujourd’hui encore, l’immatriculation de Hambourg témoigne de son ancien caractère  hanséatique : HH, le premier H  signifie Hansestadt, c’est-à-dire « ville hanséatique ». C’est dire l’importance de la Hanse pour la population, dont elle a façonné l’identité.

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Moin, Moin, Hamburg!

Hambourg - PortAvis au non-germanophone, « Moin, Moin » ne se prononce pas « mouin, mouin » mais « moïn, moïn » et c’est comme ça qu’on se salue ici, en Allemagne du nord. Une autre variante très appréciée plus largement répandue en Allemagne est le fameux « Na » (en laissant traîner le « a ») qui permet de saluer son interlocuteur de manière brève et informelle. Bref, tout ça pour dire, que cette année je m’ « hambourgeoise » de nouveau.  Après avoir réélu domicile à Hambourg au début de l’année, retour sur deux mois de (ré)intégration.

Ce qui n’a pas changé: La météo fidèle à son habitude garantit flocons, vents et ciel riche en nuances de gris mais je n’y prête plus attention. Ici on sait s’habiller et on est parés à toute éventualité. Pour en savoir plus sur le sujet, je vous invite à parcourir la partie 5 de cet article « Dress seriously » où vous apprendrez comment devenir « allemand » en quelques leçons.

Ce qui m’a surpris: Les rencontres avec les autochtones se sont jusqu’à présent avérés plus compliquées que je ne l’attendais. Ayant déjà vécu un an dans la ville, je pensais que ce serait un avantage mais faire la connaissance d’allemands du nord, souvent réservés au premier abord, implique de faire preuve de patience. Il faut dans un premier temps survivre aux clichés classiques: « Est-ce que tu manges des cuisses de grenouille? » « Tu habites à combien de kilomètres de la Tour Eiffel? » « Tu es française? Tu dois bien t’y connaître en vin alors! » « Et en fromage? » Je me suis retenue de leur demander s’ils se faisaient des intraveineuses de bière et dansaient tous en culottes de cuir pour célébrer les grandes occasions mais cela me brûlait la langue. D’autres, plus originaux, m’ont laissé davantage perplexe: « Vous faites du ski en France? » « Vous avez des émissions de télé réalité? » Ceci dit, une fois surmonté ce premier obstacle, la conversation prend un tour plus convivial.

Grande adepte de la collocation, depuis des années, j’ai de nouveau opté pour cette solution d’hébergement avec des locaux, pensant que cela faciliterait mon intégration. Malheureusement mes colocataires du premier mois étaient davantage motivés par l’idée de pouvoir financer un frigo avec mon loyer que par l’idée de faire vraiment connaissance. Ma deuxième expérience ne s’avère jusqu’à présent pas plus concluante car ma colocataire est très prise par son quotidien et nous ne trouvons le temps que pour nous entretenir du loyer, du ménage et du tri sélectif mais je garde bon espoir que cela évolue.

Comment interagir au travail… J’avais jusqu’à présent à l’étranger fait l’expérience du travail au sein d’équipe internationale. Chacun conscient de l’importance des différences culturelles, se comportait en conséquence. Aujourd’hui, seule étrangère dans une équipe allemande, la donne est différente car mes collègues ne pensent pas forcément à parler moins vite quand ils abordent des notions compliquées ou à contextualiser des blagues qui les font mourir de rire alors que moi, me laissent de marbre.

Ce qui m’a cependant réjouis: Grâce aux nombreux sites communautaires (couchsurfing, meetup, groops) il est facile de rencontrer des gens ayant des centres d’intérêts communs et d’élargir rapidement son cercle de connaissance. Merci internet!

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Littérature autrichienne

Quand souffle le vent du nordUn message anodin peut-il bouleverser votre vie?

C’est à cette question que répondent les romans autrichiens « Quand souffle le vent du nord » et « La septième vague » de Daniel Glattauer. Leo et Emma ne se connaissent pas mais entrent en contact suite à une erreur d’adresse e-mail. Rédigé sous la forme d’un roman épistolaire, le récit nous entraîne au coeur des méandres des sentiments amoureux. Cependant, la relation particulière qui s’établit entre les protagonistes, protégés par l’anonymat, n’est pas sans conséquence: la peur de gâcher leur histoire leur fait sans cesse repousser un rendez-vous. Mais combien de temps peuvent-ils ainsi correspondre sans se rencontrer? Je vous conseille d’avoir « La septième vague » sous la main si vous commencez la lecture de « Quand souffle le vent du nord » car vous aussi, comme Emma, deviendrez « accro aux mails de Leo ! ». Dans ce deuxième roman, Leo et Emma poursuivent leur correspondance. Leur relation virtuelle survivra-t-elle à une rencontre? Si les deux personnages ne peuvent plus se cacher derrière les mots comment se comporteront-ils une fois face à face? Jusqu’au mail final, le suspens est maintenu.

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Stockholm

Un peu d’histoire

C’est en 1252 qu’on trouve mentionné pour la première fois le nom de la ville de Stockholm. La ville fut fondée sur l’ile de Gamla Stan, l’actuelle vieille ville qui est située à la jonction du lac Mälaren et de la mer Baltique.

La période des Vikings, peuple de Scandinavie, se caractérise par des activités d’exploration maritime, de commerce, de pillage et de piraterie du 8e au 11e siècle. L’ère des Vikings prend fin avec la conversion des Scandinaves au christianisme au 10e-13e siècle ce qui donne lieu à la formation du Danemark, de la Suède et de la Norvège.

Ces trois royaumes ont été réunis dans l’union de Kalmar pendant le 15e siècle, puis l’union s’est scindée en deux. En 1520, la Suède est envahie par les Danois et le roi Kristian II exécute les nobles de la ville de Stockholm dans un bain de sang à Storttorget. Afin de garder en mémoire cet évènement sanglant, une des façades des maisons de la place est peinte en rouge et des pierres blanches symbolisant chaque tête tombée y sont incrustées.

En 1818, l’ex maréchal de Napoléon, Bernadotte devient roi de l’union des royaumes de Suède et de Norvège sous le nom de Charles XIV Jean. On raconte que ce roi n’aurait jamais laissé ses serviteurs le voir nu car il aurait porté tatouée l’inscription »mort aux rois ».

Depuis 1815, la Suède n’a participé à aucune guerre. Sa politique fut de rester neutre pendant la seconde Guerre Mondiale, sa position géographique accentuant son incapacité à prendre parti.

En 1986, le premier ministre Olof Palme est assassiné dans la rue alors qu’il sortait du cinéma pour se rendre à son domicile. A ce jour le meurtre demeure impuni et reste le plus grand mystère de l’histoire criminelle contemporaine. A tel point que la police promet une récompense de 6 millions d’euro à toute personne qui pourra fournir un indice décisif dans la résolution de cette affaire!

A voir

Pour découvrir la ville tout en s’instruisant sur son histoire et les coutumes de ses habitants, je recommande les « free tours«  de Stockholm. Le « city tour »vous fait découvrir le quartier des affaires alors que le « old town » tour vous amène à travers la vieille ville. Les deux se complètent très bien et les anecdotes ainsi que l’humour des guides rendent l’expérience très plaisante.

Le musée Vasa constitue l’originalité de Stockholm. Le navire de guerre Vasa qui a sombré le jour de son voyage inaugural en 1628 y est présenté. Le vaisseau fut construit sur l’ordre de Gustave II Adolphe, roi de Suède. La construction prit environ deux ans. À sa mise à flot, il était le bateau le plus puissant jamais construit. L’épave fut localisée à la fin des années 1950 par Anders Franzén, archéologue et ingénieur. Les eaux de la mer Baltique, peu saumures ayant permis une très bonne conservation de l’épave, des travaux ont été entrepris pour l’extraire des fonds marins en 1961. Le musée présente un court film de 25 minutes qui expose le travail des archéologues. Un parcours réparti sur sept étages permet de tourner autour de l’épave à différents niveaux tout en visitant l’exposition permanente qui témoigne des travaux liés à la conservation de l’épave et du contexte de la flotte suédoise au 17e siècle.

Dessiné par Ragnar Östberg et inauguré en 1923, l’Hôtel de ville de Stockholm n’est pas sans rappeler l’architecture d’un palais renaissance. Ragnar Östberg s’est en effet inspiré des palaces vénitiens, notamment du Palais des Doges et a articulé l’hôtel de ville autour de 2 grandes piazzas : la Borgargården (en extérieur) et le Blå hallen (le Hall bleu, à l’intérieur). Sur un côté de la cour carrée intérieure, des arcades s’ouvrent sur une large esplanade au bord de l’eau. La tour, haute de 106 mètres est surmontée des « trois couronnes », armoiries de la Suède. Elle dépasse très symboliquement la tour de l’hôtel de ville de Copenhague, haute de 105,6 mètres. L’hôtel de ville abrite les festivités des remises de prix Nobel

Au nord de Stockholm, Haga Park est le premier parc national urbain classé. Ce jardin à l’anglaise organisé autour du grand lac Brunnsviken abrite notamment le palais Haga, le pavillon du roi Gustave III, le pavillon chinois et le temple de l’écho ainsi que des bâtiments de l’université de Stockholm. Le palais Haga est devenu la résidence de la princesse depuis son mariage en 2010. Le Haga Park est aussi célèbre pour sa serre aux papillons. Pour les amateurs de randonnée ou de jogging, 12 kilomètres de sentiers balisés vous permettent de faire le tour du lac. Comment s’y rendre? Le bus 515, accessible depuis la station de métro Odenplan dessert plusieurs entrées du parc dont l’entrée nord principale Haga Nora et l’entrée Haga Södra.

La passerelle Katarinahissen est un point de vue idéal pour regarder le Gamla Stan ou la vieille ville de Stockholm. Aujourd’hui, c’est l’une des plus belles attractions de la ville grâce à sa hauteur et sa situation privilégiée. Ce point de vue est muni d’un ascenseur de 38 mètres de haut qui relie le quartier de Slussen aux hauteurs de Södermalm. Il est aussi possible de se rendre sur la passerelle en empruntant deux escaliers. Au pied de la passerelle, sur l’esplanade à la sortie du métro Slussen un kiosque perpétue la tradition ouvrière du hareng pané et frit. Pour 7€, une assiette assiette de hareng pané, garnie de purée, persil, oignons frais et concombres accompagné de la tranche de pain Wasa.

Et enfin, comment résister au plaisir de découvrir Stockholm en bateau? Différents tours sont proposés de 50 minutes à 2h30: Under the Bridges of Stockholm tour, le Royal Canal Tour et la formule Archipelago Race. J’ai testé l’historical canal Tour qui fait le tour de Djusgardens et permet d’approcher le parc écologique, les premières îles de l’archipel de Stockholm ainsi que son ancien port industriel. Des commentaires en français permettent d’apprécier différentes anecdotes relatives à l’histoire de la Suède et à l’évolution de la ville.

Anecdotique

Au fait, saviez-vous que les Vikings ne portaient pas de casques avec cornes? De tels casques auraient fourni des prises idéales à leurs adversaires, facilitant l’administration d’un coup. La représentation contemporaine du guerrier Viking est en fait un effet marketing qui vise à le rendre plus barbare…

Quand on évoque la Suède l’image carte postale de la maison rouge et blanche nous vient à l’esprit. En effet, les nobles avaient pris l’habitude de peindre les façades de leurs maisons en rouge et blanc afin de se distinguer du peuple. Une mode était lancée, malheureusement vite copiée par les gens du peuple. Face à ce mimétisme, la noblesse réagit et importa d’Angleterre la couleur jaune pour en recouvrir ses façades.

Qu’est-ce que le « nordic smile »? Notre guide plein d’humour, nous fait part de cette expression qui fait allusion au caractère peu expressif des Scandinaves. Il est difficile de lire les émotions de ces derniers sur leur visage car ils ne laissent rien paraître  Qu’ils soient joyeux ou triste, leur expression resterait la même.

Le néon Stomatol est la première affiche publicitaire animée de Suède. Installée en 1909, le néon continue aujourd’hui encore de clignoter.

A votre santé!

Dans la même veine, comment dit-on « santé » en suédois? « Skal », mot dérivé de l’anglais « skull », « crâne » qui renvoie aux crânes des victimes des Vikings que ces derniers utilisaient comme récipients pour boire.

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